Laroquevieille

Histoire locale

Cet article est un extrait du dictionnaire statistique du Cantal de Ribier du Chatelet écrit en 1824 dans une édition de 1857.

ROQUEVIEILLE (LA) - Cette commune fait partie de l'arrondissement et du canton nord d'Aurillac. Elle s'étend du nord-est au sud-ouest. Ses confins sont : au nord, Girgols ; au sud et à l'est, la commune de Lascelle, vers le point où s'opère la séparation du vallon de La Roquevieille, arrosé par la rivière d'Authre, d'avec celui de Saint-Simon où coule la Jordanne ; à l'ouest, la commune de Marmanhac.
Sa surface territoriale est de 1 500 hectares, dont 400 hectares en terres cultivées, 400 hectares en prés et pâtures, 100 hectares en bois et 600 hectares en terres vaines et bruyères. Elle est arrosée par la rivière d'Authre, les ruisseaux de Prax, d'Aumal, de Ferluc, de Gouteredonde, de Pégrin, etc.
Sa population est de 1 138 habitants, répartis dans 11 villages, 8 hameaux et 177 maisons.
La Roquevieille, le chef-lieu, à 1 myr. 5 kil. d'Aurillac, est un bourg peu important, situé dans un vallon, sur la rive droite de la rivière d'Authre, abrité au nord et à l'ouest par d'énormes rochers.
Son église est dédiée à Saint Pardoux. Elle a été construite à deux époques différentes : une partie semble appartenir à l'architecture du XIII° siècle, l'autre à celle du XV° siècle.

Eglise saint Pardoux de Laroquevieille

 

C'était jadis un riche prieuré dont l'existence est constatée en 1221, époque où l'évêque de Clermont le pourvut. On le réunit à l'archidiaconat d'Aurillac. Les curés ou prieurs obtinrent en 1357, d'Astorg d'Aurillac, Seigneur de Laroquevieille, la haute justice sur l'église et quelques propriétés adjacentes.
Jean de Las, écolier étudiant, fut nommé curé de La Roquevieille en 1402 ; Géraud Veyret était recteur en 1436 ; Géraud Bayort lui succéda en 1456 ; Géraud de Levers, en 1475 ; Guillaume Lizet en 1547 ; Guy Oliviers, curé en 1566 ; il était originaire de Salers et fit divers dons à la communauté de cette ville ; Annet de Tournemire, protonotaire apostolique, était curé de La Roquevieille en 1577 ; Géraud de Lort, en 1674 ; Antoine Bonnafé en 1683 ; Jean Duroc, prieur en 1721 ; Antoine Delzongle, en 1745 ; Joseph Vayron fut le dernier prieur en 1788.
La seigneurie de La Roquevieille a appartenu, dès les temps les plus reculés, à la maison d'Aurillac, et avait été, dit-on, possédée par saint Géraud. Astorg d'Aurillac, propriétaire du domaine de Ginalhac, occupait le château dont on distingue encore les ruines attenantes à l'église, et qui avait cela de remarquable, qu'une partie des appartements était taillée dans le rocher. Un fossé régnait à l'entour ; la terre qui y touche à l'ouest porte encore le nom de Tras lou Vallat ( au-delà du fossé ). A l'est, du côté du village, étaient l'avenue et le portail du château. Autre Astorg, seigneur de Conros, accorda, en 1327, des privilèges aux habitants de la châtellenie de La Roquevieille et fit hommage de son château, en 1353 à l'abbé d'Aurillac, comme le tenant de lui.
Le château fut en partie ruiné lors des guerres et des dévastations qui couvrirent de ruines cette contrée. La seigneurie passa dans la maison de Tournemire. Bertrand la possédait en 1369 ; autre Bertrand, fils du précédent, rendit hommage en 1395 à l'abbé Pierre d'Aurillac. L'acte fut passé dans le château de La Roquevieille qui avait été relevé de ses ruines.
La famille Houades possédait un fief près du château et la terre del Vallat ; ce fief advint à la famille Laroque par le mariage de Doulces Houades avec Guillaume Laroque. Pierre de Tournemire, marié à Marguerite de Miramon, était encore en tutelle en 1494 lorsqu'il plaidait contre Antoine Laroque, seigneur de Réquiran, au sujet de la justice des maisons qu'il possédait près du château, comme descendant de Doulce Houades. Ces procès amenèrent des querelles et des combats entre les deux familles ; le seigneur de Laroquevieille fut maltraité et même retenu prisonnier au château pendant quelques jours. Ce fief devint encore par la suite la cause de grands différends entre François-Gabriel de Nozières-Montal et Jean de Caissac, seigneur de Réquiran, de Reilhac et en partie de La Roquevieille, qui représentait la famille Houades, au sujet de certains droits honorifiques dans l'église. Un accord à cet égard intervint entre eux en 1650.
Une partie de la chatellenie de La Roquevieille avait passé à Pierre de Gauthier, habitant de la ville d'Aurillac en 1556. Il revendit cette partie, en 1564, à N. de. Lort, conseiller au présidial d'Aurillac, avec un jardin et deux chazeaux (ruines de bâtiments) au devant du portail du château. Son fils les revendit à Rigal de Nozières en 1592.
La seigneurie de La Roquevieille passa, en 1516, à François de Nozières-Montal, par suite de son mariage avec Jeanne de Tournemire. Comme il  n'y avait pas de château habitable à La Roquevieille, il résidait à Vercueyre. Antoine, leur fils, eut une fille nommée Doulce, dame de La Roquevieille, mariée à N. de Lort, qui, par suite du rasement du château, en 1581, dut l'abandonner et aller résider ailleurs.
François de Nozières, fils de Rigal, seigneur de La Roquevieille, en devint aussi seigneur après le décès de son père, qui eut lieu en 1629 et qui fut inhumé dans l'église, près du coeur.
François-Gabriel de Nozières eut une fille du nom  de Jeanne, mariée à N. Joseph Cornaro de Curton. N. Edme de Caissac, seigneur de Réquiran, comme héritier de Jeanne de Cornaro, fut mis en possession d'une partie de la seigneurie de La Roquevieille. Il avait épouse Christine Héraut, veuve de Pierre d'Aguson, Sr de Ferluc, et son héritière, qui lui porta un beau domaine sis à La Roquevieille. Edme de Caissac vint habiter ce bourg et occupa une maison près de l'église, qu'il fit réparer plus tard. Il réunit sur sa tête de cette manière toute la seigneurie de La Roquevieille. Christine Héraut vécut peu de temps elle lui laissa tous ses biens. N'ayant pas d'enfant, il fit son héritier François-Louis de Caissac, son frère.
On lit dans le Nobiliaire d'Auvergne : "Caissac ou Queyssac, seigneur de Sédages, de Reilhac, de Réquiran, de La Roquevieille, de Tournemire, de Chaslier, de Charlus et de Murat-Larabe, est une famille originaire du Limousin. Elle est connue en Auvergne depuis le XVè siècle ; elle y a constamment tenu un rang distingué et joui d'une considération méritée par de beaux services militaires, de très nobles alliances et une fidélité à toute épreuve aux lois de l'honneur. François de Caissac fut fait chevalier de l'ordre de Saint Michel et gentilhomme de la chambre du roi par lettres d'Henri IV, du 20 mai 1602. Alexandre de Caissac, son fils, gentilhomme de la chambre en 1617, devint lieutenant colonel au régiment d'Humières en 1639".
Cette famille habite La Roquevieille, et le château vient d'être nouvellement reconstruit auprès de l'ancien. Elle est représentée aujourd'hui par les enfants de Joseph-Amédée Armand, comte de Caissac, marié à Nevers, le 9 février 1834 avec Mademoiselle Marie-Charlotte de Maumiguy.
Les villages et hameaux de la commune sont :
- Artigues, hameau.
- Bories (les), hameau.
- Déboulade, hameau.
- Dret (la), hameau.
- Esternes, hameau.
- Ferluc, village sur le ruisseau des Vergues, qui y forme une belle cascade. Pierre d'Aguzon en était seigneur en 1713. Il domine le vallon à l'est du bourg.
- Ginalhac, gros village sur le chemin de Marmanhac. Il est entouré de prairies, d'arbres fruitiers, et dominé au nord par des roches volcaniques qui affectent les formes les plus bizarres. Astorg d'Aurillac y avait une propriété en 1280, et probablement un château, comme plusieurs titres le font présumer.
- Goute-Redonde, hameau entre Tidernat et Vercueyre.
- Mas (le), hameau.
- Mur (le), hameau.
- Passadou (le), village sur la rive opposée à Vecueyre.
- Prax, village sur la montagne. Il appartenait à N. Armand de Tournemire, damoiseau, lequel en fit don, en 1299, à Hugues Houades.
- Requiran, hameau, ancien fief avec un château qui a appartenu très anciennement à une branche de la famille de La Roque, originaire de Roquenatou. Armand La Roque fut, en 1293, seigneur du château de Requiran et en partie de La Roquevieille, par suite de son alliance avec Hugues Houades. Nous avons vu qu'il possédait une partie des alentours du château, maisons et  jardins confinant au portail, et la place du chemin qui va à la Bardoire passant par son fossé. Jean de La Roque vendit à Guy de Nozières, prieur de Jussac en 1452, un cheval pour le prix de dix écus d'or et un mouton d'or. Pierre de La Roque donna à son frère Antoine, seigneur de Requiran, en 1513, la maison dite de Requiran ou del Cadet, avec deux jardins sis à La Roquevieille, confinant au chemin qui allait à l'église. Les autres maisons voisines lui appartenaient aussi. Bégot La Roque, seigneur de Requiran en 1573, étant décédé sans enfants, Césarée, sa soeur, mariée à N. Jean de Veyrières, lui porta la seigneurie de Requiran. Jeanne-Françoise de Veyrières, leur fille, porta Requiran en dot à N. François de Peyrusse, qui en jouissait en 1622, et qui, en outre de cette seigneurie, possédait encore celles de las Carrières, de La Roquevieille en partie, et de Vercueyre ; n'ayant pas eu d'enfants, sa succession passa à Jeanne de Cornaro, mariée à Jean de Caissac, seigneur de Reilhac, qui devint ainsi, en 1653, seigneur de Requiran, et y fixa sa résidence. Jean vendit, en 1660, le fief de las Carrières, près de Roziers, à Claude de Naucase. Les descendants de Jean de Caissac ont conservé jusqu'à ce jour les propriétés de Requiran ; il ne reste plus que les fondements du château.
- Saumiac, beau village près de Vercueyre, bien bâti, situé dans le vallon et adossé vers le nord à des rochers pittoresques. On remarque dans l'un de ces rochers une grotte creusée en partie par la main des hommes et découverte depuis peu. Elle paraît remonter à une haute antiquité. On avait redressé les inégalités du roc avec la maçonnerie et des pierres de taille. Une clé attachée à une chaîne et une énorme molette d'éperons furent trouvées dans ce lieu et peuvent remonter au XIVè siècle, vers l'époque où les anglais occupaient Roquenatou.
- Sollillages, village vers la montagne, près de la rivière d'Authre, qui n'y est encore qu'un faible ruisseau.
- Tidernat, gros village à l'est du bourg, très rapproché des montagnes, à la naissance du vallon. Il se développe agréablement sur un coteau couvert de verdure et de vergers ; il est fait mention de lui au XIIIè siècle. La seigneurie en appartenait à la famille de Tournemire et aux seigneurs de La Roquevieille. Une branche de la famille Salvaing de Boissieu y fit sa résidence depuis 1705, année où Jean-Philippe de Boissieu épousa Marthe Savy, qui habitait Tidernat. Pierre de Serre et Hugues Houades possédaient aussi des propriétés dans ce village. On voit près de la maison du sr de Boissieu un souterrain taillé dans un roc vif en basalte, de 1 m. 50 c. de haut sur autant de large, et fait en partie à la pointe du marteau. Il se dirige de l'est à l'ouest et va en pente insensible après s'être bifurqué à 100 mètres de l'entrée. Une partie est seule praticable aujourd'hui.
- Vendrogre, village au nord du bourg et sur la montagne.
- Vercueyre, beau village bien bâti, situé dans le vallon, près de celui de Saumiac et sur la rivière d'Authre. C'était jadis un fief avec un petit château nommé Malhols. Astorg d'Aurillac en fut seigneur au XIVè siècle. Pierre de Vercueyre vivait en 1423 ; Guy de Nozières, seigneur en 1470. Vercueyre relevait du monastère d'Aurillac, car Jacques de Cropières, aumônier du couvent en fit l'investiture en 1501. Gabriel de Nozières en jouissait en 1530. Dame Anne de Latour, veuve de François-Gabriel de Nozières, habitait le château de Vercueyre en 1676. Jacques de Seguy, seigneur de Malhols, ayant épousé Louise de Montal Nozières, devint son héritier et habita le château de Vercueyre, qui prit, en 1711 le nom de Malhols. La terre de Vercueyre consistait en plus de 300 septérées en terres et en prés, et 200 septérées en bois. Une chapelle sous l'invocation de Saint-Martin, attenante au château, fut interdite, en 1660, pour cause de vétusté et défaut d'entretien. Les messes et fondations qui lui étaient attachées furent longtemps sans être acquittées.
Le château de Malhols, en 1760, se composait d'une tour ronde assez élevée, dans laquelle étaient un escalier à vis, un corps de logis, une chapelle et des écuries voûtées.
Le village de Vercueyre, où l'on remarque quelques jolies constructions modernes, a vu naître dans son enceinte une compagnie commerciale, qui, par son activité et son intelligence, a fait une fortune considérable et a porté l'aisance dans ce village.
Vercueyre possède la mairie et la maison d'école de la commune. Un beau chemin y conduit ; ses environs sont extrêmement gracieux ; une énorme coulée volcanique domine le village et semble avoir fermé originairement la haute vallée. Sous ce rocher s'élève une belle maison qui porte le nom de Thuron.
- Vernassal, hameau.
- Zongle (le), village à l'est du bourg.
On lit dans la Description historique et scientifique de la Haute-Auvergne, de M. Bouillet : "Les maisons de Laroquevieille sont très dispersées. Il existe au chef-lieu un petit château, qui, en 1357, appartenait à Jean de Tournemire. En 1553, Jean Esbrard et Géraud Salians avaient des maisons dans les environs ; il en existait plusieurs autres, dont on voit encore les restes. On remarque à l'ouest et au nord de La Roquevieille des masses énormes de conglomérat figurant des pyramides. C'est peut-être à leur disposition, due à l'action des temps, que ce village doit son nom. Dans l'une de ces maisons on a pratiqué, à une époque sans doute très reculée, un escalier et des grottes qui ont dû servir d'habitation, mais qui depuis longtemps sont abandonnées.
"L'église de La Roquevieille est ornée de quelques bons tableaux. Dans la chapelle, à droite, au-dessus de l'autel, est celui de la Cène, peint par Peuch, de Salers, et portant la date du 20 mars 1832.
Entre Tidernat et La Roquevieille, on observe des montagnes recouvertes de trachytes, en couches plus ou moins puissantes. Le surplus de la vallée ne présente plus rien qui puisse attirer particulièrement l'attention du naturaliste."
Les terres cultivées sont de bonne qualité, mais sillonnées sur les pentes par des ravins. Les prés sont estimés et d'un bon produit, surtout ceux qui sont arrosés ; il y a des vacheries.
Le chapitre de La Roquevieille était à la présentation de l'archiprêtre d'Aurillac.
La Roquevieille fut taxée à 4.650 livres dans la répartition de l'impôt de l'élection d'Aurillac pour l'année 1696. La Roquevieille était de droit écrit relevant d'Aurillac ; les maisons Esbrard et Salians relevaient de Riom.
P. de C.
 

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Saison 2014

La saison 2014, favorisée par un printemps particulièrement clément, a débuté.
Notre jardinier encadrant, Daniel, et toute son équipe ont mis les bouchées doubles pour être prêt lors des journées "portes ouvertes" prévues les 10 et 11 mai 2014. Nous reviendrons dans un prochain article sur cette traditionnelle manifestation qui en sera à sa douzième édition.

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